Dites-moi ce que vous consommez, je vous dirai qui vous êtes #1 1


En 2016, j’ai décidé de ne plus me voiler la face. Oui, ce que je consomme a un impact sur mon environnement, ma qualité de vie, ma santé mais aussi sur les conditions de vie de personnes, d’animaux, de forêts plus ou moins près de moi. J’ai compris que si des décisions devaient êtres prises à l’échelle internationale pour que les choses changent vraiment, il fallait néanmoins que chacun fasse le nécessaire pour se responsabiliser et assumer les conséquences de sa propre consommation. Le monde va mal, c’est un fait, et sur beaucoup de points. Et j’ai réalisé que si chacun avait l’occasion de se documenter un peu, ça entraînerait probablement des changements de comportements.

Et c’est là que j’interviens. J’ai décidé de prendre les bonnes décisions : pour l’instant, j’ai choisi de me documenter et de changer mon comportement au quotidien, en faisant ce qui me semble être le mieux pour moi et mon environnement. Je vous embarque dans cette aventure, qui va sûrement se révéler longue et pleine d’embûches !

27cee678996f981ade89ec3f4fddf57a

Dites-moi ce que vous mangez, je vous dirai qui vous êtes…

 J’ai décidé de commencer par mon alimentation. Et là, quand on commence à chercher, on est très vite noyé dans le flot d’informations, souvent assez contradictoires. Avant, il y avait les carnivores, les végétariens, et éventuellement le régime alimentaire un peu particulier de votre cousine qui essaie de perdre du poids. Maintenant, vous avez les végétaliens, les vegan, les frugivores, les crudivores, les flexivores (ou flexitariens), les locavores… Enfin bref, vous l’avez compris, de petits éclaircissements s’imposent.

V E G E T A R I S M E 

Le végétarisme, c’est le fait de s’alimenter sans viande. Sans viande, sans poisson, sans crustacés et fruits de mer. C’est important de rappeler tout ça, même si c’est la base. Je dis ça parce qu’il m’est déjà arrivé ça :

– Bonjour, avez-vous un plat végétarien ?

– Oui, bien sûr, nous avons du thon.

– …

magritte

La définition la plus large du végétarisme correspond à l’ovo-lacto-végétarisme. Il s’agit du végétarisme occidental classique qui consiste à consommer des végétaux, des champignons et des aliments d’origine animale comme le miel, les œufs, le lait.

Certains peuvent trouver illogique la position du végétarien qui ne consomme pas de viande par éthique et qui continue de consommer du lait et des œufs, puisque ces derniers sont issus des mêmes industries que combat le végétarien.

V E G E T A L I S M E / V E G A N I S M E

Le végétalien est un végétarien qui ne se nourrit pas non plus des  »sous-produits » animaux tels que le lait (et donc les produits laitiers), les œufs ou le miel.

Le véganisme, par contre, n’est pas qu’un un régime alimentaire. Un vegan est un végétalien qui a choisi d’exclure tout produit animal de son mode de vie. Il ne porte par exemple plus de cuir, et fait son possible pour ne consommer que des produits dont la production ne nécessite pas d’exploitation animale (produits non testés sur les animaux, notamment)

F R U G I V O R I S M E

Un frugivore ne se nourrit que de fruits et de légumes frais, de graines et de noix. Il ne consomme aucun produit d’origine animale, ni de produits transformés par l’homme. L’humain, comme les singes, est frugivore, mais pas exclusivement.

C A R N I V O R I S M E

Un carnivore, c’est tout bête, mange de la viande : des tissus animaux, vivants ou morts. 80% de la population mondiale environ est carnivore, mais là encore, pas exclusivement.

F L E X I V O R I S M E 

Le flexivore (ou flexitarien) fait partie d’une petite catégorie entre les végétariens et les omnivores. C’est un végétarien qui s’autorise exceptionnellement de manger de la viande.  Beaucoup ont l’impression, grâce à ce régime, de cumuler tous les avantages du végétarisme sans les inconvénients d’un régime restrictif. Mais ça c’est une autre histoire, on y reviendra plus tard.

L O C A V O R I S M E

locavorisme-849x535Les locavores sont une frange de la population de plus en plus importante qui s’efforce de consommer des produits frais et de saison, à acheter sur les marchés et/ou aux agriculteurs ou paysans locaux (dans les AMAP, les épiceries locavores, les maisons de producteurs, des points de distribution ou les cueillettes par exemple), à choisir leurs propres aliments, en faisant valoir la qualité du produit frais et local, dont le goût serait meilleur que les produits industriels.

Mais le locavorisme ne se limite pas au régime alimentaire. Pour le maintien de la diversité des paysages et des écosystèmes, les locavores prônent la réduction des pesticides, des énergies fossiles pour les livraisons, ou des plastiques d’emballages par exemple. Il veulent également faire acte de stabilité sociale par le maintien harmonieux des populations sur les territoires.

Pourquoi vouloir changer d’alimentation ? 

J’ai décidé de commencer par réduire puis stopper ma consommation de viande. Je suis devenue depuis trois mois végétarienne. Etant donné qu’on ne peut parler que de ce qu’on connaît, voici plusieurs raisons de réduire ou bien de stopper carrément sa consommation de viande. Il peut s’agir de raisons éthiques ou religieuses, d’allergies, de refus de l’exploitation animale ou d’une réaction aux pratiques concernant l’élevage, la traçabilité ou l’abattage des animaux.  Une autre raison est le manque de transparence sur la composition de certains produits qu’on peut trouver – en grande surface, par exemple. Voilà les motivations principales retrouvées dans différents témoignages.

L A  S O U F F R A N CE   AN I M A L E

Arrêter de consommer de la viande, c’est admettre que les animaux sont doués de sensibilité. Les rapports qui prouvent que les animaux de ferme sont sensibles et conscients d’eux-mêmes se multiplient. Par exemple, les vaches qui ont un nom et qui sont traitées comme des individus peuvent accroître leur production de lait.

Aussi, il faut noter que les poulets ne sont pas plus bêtes que le chat ou le chien que vous avez chez vous. Au terme de ses recherches, la scientifique Siobhan Abeyesinghe a très bien résumé pourquoi nous nous obstinons à voir dans la poule un animal bête : « nous avons cette protection psychologique qui consiste à dévaloriser les animaux que nous utilisons pour produire de la viande, ainsi nous ressentons moins d’inquiétude à leur sujet ».

68563594

 »Être végétarien, c’est être la preuve vivante (et en bonne santé) que le régime omnivore, à dominance carnivore, n’est plus adapté à notre mode de vie du 21ème siècle, où les protéines animales ne sont plus indispensables comme elles le furent à l’époque de croc-magnon.

Ne pas se nourrir de produits animaux, non seulement c’est possible, mais en plus c’est bénéfique à celui qui s’en passe, au reste du monde et aux animaux.  »

– Fondation Brigitte Bardot

L A  P O L L U T I O N  E N V I R O N N E M E N T A L E 

Voici les éléments mis en avant par notamment, l’Association Végétarienne de France concernant les impacts de l’élevage sur notre environnement :

– émissions de gaz à effet de serre supérieures à celles émises par la totalité des transports mondiaux selon l’ONU !

– gaspillage des ressources en eau : en considérant que les données internationales sont transposables à la situation française actuelle, manger végétal permet l’économie de 5 400 litres d’eau par personne et par jour, soit une centaine de douches.

– déforestation de l’Amazonie en raison des cultures massives de soja pour nos animaux « d’élevage ».

– perte de biodiversité : l’élevage nécessite de grandes quantités de terres qui ne sont plus disponibles pour les autres espèces. En effet, 1 ha peut nourrir 30 personnes s’il est consacré à la culture de légumes ou de fruits, 5 personnes seulement s’il est dédié à la production d’œufs ou de viande (d’après Bruno Parmentier, directeur de l’École supérieure d’Agriculture d’Angers).

– pillage des océans : chute de 90 % des effectifs parmi les espèces couramment consommées. Par ailleurs, pour obtenir 1 kg de poissons d’élevage, il faut, pour les nourrir, 5 kg environ de poissons sauvages transformés en farine.

– pollutions : nitrates, etc…

L E  B I E N – Ê T R E / L A  S A N T E

regime-vegetarien-970x490

C’est prouvé, le régime végétarien ne provoque pas de carences : les protéines végétales existent et beaucoup d’aliments permettent d’en retrouver. Au contraire, un régime sans viande serait meilleur pour la santé : nos habitudes alimentaires incluent, depuis 50 ans, trop de viande. Or, ingurgiter trop de viande, c’est comme manger trop de sucre ou boire trop d’alcool : c’est mettre sa santé en danger. De nombreuses études scientifiques ont ainsi démontré que cette surconsommation a un lien direct avec les maladies cardiovasculaires, certains cancers (intestin, prostate, côlon, pancréas, sein, poumons), les attaques cérébrales, le diabète, l’hypertension, et bien sûr, l’obésité. Ainsi, un homme omnivore d’âge moyen a trois fois plus de risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire qu’un végétarien.


Si  vous voulez des faits, cette vidéo de DataGueule s’exprime beaucoup mieux que moi :


Je ne suis pas pour un régime alimentaire plutôt qu’un autre, mais j’estime que tout le monde devrait au moins comprendre les conséquences et l’impact d’un régime pour prendre une décision en conséquence. Je continue d’être  »végétarienne » aussi parce que, finalement, ce n’est pas si compliqué, pas contraignant du tout, et que ça me permet de goûter des choses que je n’aurais jamais goûtées avant.

Affaire à suivre,

Arva FAJELE ABASSE


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaire sur “Dites-moi ce que vous consommez, je vous dirai qui vous êtes #1