Rentrer dans le moule ou l’échec du système éducatif


Connaissez -vous la vidéo qui s’intitule « Do schools kills creativity  » (comment l’école tue la créativité ) ? C’est la vidéo d’une conférence TED (Technology, Entertainment and Design) tournée en février 2006, on y voit Ken Robinson, expert en éducation internationalement reconnu. Ce qu’elle a de particulier ? C’est la plus vue de toutes les conférences TED ! Elle a été vue plus de 37 millions de fois. Les commentaires les plus nombreux sous la vidéo se résument à :  » Everyone should watch this  » (Tout le monde devrait voir ça). Pourquoi ? Prenez dix minutes, regardez, vous comprendrez…

Ken Robinson, c’est un peu le gourou de la créativité et de l’innovation. Intellectuel et expert en la matière, il a notamment conseillé le gouvernement britannique sur ces questions. Son livre The Element: How Finding Your Passion Changes Everything ( « L’Élément : Quand trouver sa voie peut tout changer ! »), paru en 2013, est un bestseller aux Etats-Unis, c’est un véritable succès d’édition planétaire, il a été traduit dans 21 langues.

Ken Robin défend l’idée simple que l’école et les systèmes éducatifs actuels (en particulier dans le monde occidental) tuent l’imagination des enfants. Comment ? En faisant croire aux enfants que l’erreur est mauvaise, qu’elle est une faute, et qu’il ne faut jamais se tromper. Selon lui, à l’école maternelle, les enfants sont pour la très grande majorité des génies en puissance, ils ont tous une pensée originale, forte et spontanée. Mais nos systèmes éducatifs ne savent pas faire face à cette vitalité, ils ne sont pas adaptés à l’énergie et au dynamisme créatif des plus jeunes. Calquée sur le système de l’usine, l’école ne valorise pas les talents de l’enfant parce-qu’elle encourage un comportement type dans un monde de différences. Or l’imagination est diverse, les talents et les passions d’un enfant sont nombreux. A l’opposé de cette créativité, le système scolaire enferme l’enfant dans une découverte de lui qui se limite à des savoirs ; l’enfant ne s’exprime plus, il n’est plus actif et créatif, il est contraint d’écouter passivement. Conclusion, à l’heure où l’on a plus que jamais besoin de matière grise et d’innovation, l’école échoue dans son rôle.

Ce constat est aujourd’hui flagrant, c’est si vrai que certaines grandes écoles de commerce (comme la mienne) imposent des cours qui s’intitulent  »Thinking Out of the Box » (« penser en dehors des voies toutes tracées ») dans le but d’encourager la créativité et l’innovation, un véritable éloge à la pensée divergente en somme. Mais pour que cela fonctionne, je pense qu’il faudrait avant tout soigner les causes, pas les conséquences …

Arva FAJELE ABASSE

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