Parce que même les super-héros ne sont pas parfaits


Aujourd’hui, alors que j’avais fait une erreur monumentale sur un projet, un ami m’a dit :  » Arva, tu vois, tu n’es pas parfaite ! Tu fais des choses formidables, mais tu ne peux pas être parfaite. » Moi qui essaye toujours de mettre toutes les chances de mon côté pour que ce genre d’erreur ne m’arrive pas, ça m’a fait un électrochoc.

Je pense que j’ai toujours essayé – en vain évidemment – de plaire à tout le monde, de toujours bien faire les choses, de ne pas décevoir, de ne pas être la cause d’un conflit, d’un mécontentement, de tout faire parfaitement et rapidement. Je me suis toujours efforcée d’apprendre vite, d’être la petite fille modèle qui ne déçoit pas, qui rend ses parents fiers, et à qui on ne reproche jamais rien… Je voulais être la super-héroïne que personne n’a jamais réussi à être. Grosse ambition pour une gosse me direz-vous ?

Oui très grosse ambition même. Je crois que je n’ai jamais réussi. Et heureusement. Parce que chaque échec, chaque reproche, chaque proche mécontent, permet de se remettre en question, de s’attarder sur ce qu’on a fait de mal, de se questionner sur notre responsabilité dans telle ou telle affaire. On prend du recul et on trouve des solutions. Plaire aux autres, c’est s’intégrer à un groupe, avoir l’illusion d’être apprécié et forcément, ça fait du bien. Parce qu’on a tous envie d’être aimé, surtout quand on est ado, quand on est un peu paumé et qu’il faut absolument s’intégrer.

Mais à la longue, ça en devient handicapant. Handicapant dans la mesure où tu te perds un peu. Tu as du mal à faire des choix parce que tu ne sais pas vraiment qui écouter. Tu perds un peu de ta personnalité et puis toutes ces personnes qui te reprochent des choses finissent par penser, comme toi, que tu portes toute la responsabilité de tous les problèmes de la Terre. A force de te persuader de pouvoir tout résoudre, de pouvoir contenter n’importe qui, tu en finis par convaincre tout le monde que tu peux tout faire. Et là, l’enfer, c’est que tu ne peux pas plaire à tout le monde. « L’enfer, c’est les autres ».

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En grandissant, on apprend à s’affirmer, à faire des choix. Des choix qui ne dépendent plus de leurs envies, mais de tes besoins. Des choix que tu assumes. Et là, ça dérape. Bizarrement, tu ne prends plus les mêmes décisions et ton entourage devient différent : tes amis disparaissent, reviennent, se renouvellent… Il y a ceux qui ont évolué avec toi et d’autres qui n’ont pas compris et qui ont préféré ne pas comprendre. C’est aussi ça la vie, je crois que c’est laisser le temps au temps et de laisser les gens faire comme ils le sentent parce qu’ils sont grands, eux aussi. Parce qu’ils font des choix qu’ils assument.

On a tendance à idéaliser les gens, parce que l’herbe est toujours plus verte ailleurs et aussi parce qu’on ne voit (sur les réseaux sociaux par exemple) que ce qu’on veut bien nous montrer. On a tendance à voir ses propres problèmes plus graves que ceux des autres.  »Tu vois comment les enfants de Monsieur X sont sages ? »  »Pourquoi je ne suis pas comme lui ?  »  »Elle a tellement de chance, quelle belle vie ! » Je crois qu’on occulte l’humanité de l’autre, dans le sens où lui aussi est humain, et est tout autant enclin que nous à faire des erreurs et à avoir des problèmes.

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En grandissant, tu apprends aussi que tes héros d’hier ne seront pas tes héros de demain. Parce que les héros de ton enfance ne sont pas ceux que tu croyais, eux non plus ne sont pas parfaits en fait. Personne ne plait à tout le monde, et c’est tant mieux parce que sinon on ne chercherait pas constamment à se dépasser, à faire des efforts, à prendre sur soi, à s’ouvrir aux autres, à être tolérant, à accepter les différences et respecter l’autre tel qu’il est… Personne n’est parfait, de temps en temps il est bon, pour soi et pour les autres de s’en rappeler. 

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