[Mondochallenge] Identité et mondialisation : quid de l’uniformisation culturelle ? 1


Quand j’ai décidé de jouer le jeu du Challenge Mondoblog, je ne savais pas que je serais la dernière à finir. Et pourtant, l’identité (au sens social et culturel) est un de mes thèmes de prédilection. Tous ceux qui ont pu parler avec moi plus d’une demi-heure connaissent les questions existentielles qui me taraudent quand on me demande qui je suis. Trois continents, des origines et cultures distinctes et une identité à définir : c’est tout le problème de ma vie. Pourtant, si on creuse un peu, ces problématiques dépassent de loin ma petite personne. Encore heureux.

Mondialisation et identité

Dans un précédent billet, j’avais essayé de montrer que la mondialisation, en accélérant les processus d’immigration et de rapprochement des peuples, était vue comme une menace par les populations et les communautés. L’homogénéisation fait peur et les replis identitaires se multiplient à l’heure où Internet fait du monde un village. Les nationalismes triomphent sur la planète à l’heure où les outils de communication devraient faire en sorte qu’on puisse se comprendre, se tolérer et s’accepter. Aujourd’hui le temps est peut-être venu de se demander pourquoi ces problèmes existent et comment faire pour essayer de les résoudre ?

Dans Les identités meurtrières, Amin Maalouf explique qu’une identité est forcément complexe : chaque être humain est singulier car son identité est composée d’influences multiples, plus ou moins importantes, mais dont aucune n’est négligeable.
L’identité devient meurtrière lorsqu’elle ignore son caractère composite et complexe. Le monde d’une personne est alors séparé par le «nous» et «les autres». Et dès que ces « autres » sont dans cette catégorie, ils n’ont plus le droit de vivre. L’identité devient meurtrière quand une différence fondamentale est faite entre « moi et ma communauté » et « vous et votre communauté. » Ainsi, quand l’une des appartenances d’un individu devient telle qu’il en oublie toutes les autres influences qui le constitue, il arrive à justifier l’injustifiable. Ces mécanismes complexes qui font oublier à un homme d’où il vient, sont à la fois issus de déterminants collectifs et à la fois de son parcours individuel.

La violence dans nos sociétés serait due à ces identités (presque) perdues dans la complexité des appartenances… Paradoxal hein ?

Uniformisation culturelle ? Or not… That is the question !

Quand on tape  »Mondialisation et identité » sur Google (ok, j’ai été faible), on s’aperçoit très vite que la plupart des articles se posent la question de savoir si la mondialisation est une forme de menace pour l’identité. En fait, ces articles mettent en avant la dilution de la culture par les échanges : sous le poids des technologies et de la mobilité facilitée, les cultures et communautés seraient « diluées », perdraient leur valeur et seraient donc moins fortes.

Alors oui, bien sûr, la plupart des produits consommés dans le monde proviennent des avancées technologiques occidentales, Et bien sûr, les multinationales et les médias contribuent à cette uniformisation : la majeure partie du contenu internet ou de la télévision provient des Etats-Unis, véhiculant avec ces images, un mode de pensée. L’exemple type de cet argument : les langues ! Effectivement, beaucoup disparaissent au profit d’un anglais qui gagne de plus en plus de terrain et de gens. Evidemment, il fallait une langue pour que tout le monde communique maintenant que le monde est devenu un village. Mais beaucoup de langues ne sont donc plus parlées et disparaissent…

Pourtant, je pense quand même, que les différentes identités culturelles, loin d’être diluées, semblent être plus fortes que jamais. Alors si l’uniformisation est poussée par l’occidentalisation des milieux urbains et la marchandisation des produits culturels, il est évident qu’il y a des résistances. Des résistances dans tous les sens en fait : on s’exprime sur tout, on donne son avis sur la politique, le réchauffement climatique, les religions, les cultures. On croit, on jure, on revendique, on manifeste. Et on s’indigne sur Twitter… Pour le meilleur et pour le pire.

Qu’est-ce que j’en pense ?

Mon identité plurielle résiste un peu plus à chaque fois que quelqu’un essaie de la mettre dans une case : je ne serai pas ce que vous voulez que je sois. Je me pose d’autant plus de questions qu’on essaie de me réduire à une appartenance, un pays, une communauté religieuse. Tout mon être essaie de résister face aux mots et aux actions prises contre mes différentes cultures : quand on touche à une de mes appartenances, c’est toute ma personne qui est attaquée, en entier.

Alors non, je ne pense pas que l’identité ait à craindre de la mondialisation. Je pense personnellement que la mondialisation, en accélérant la mobilité des personnes et donc de leurs cultures, crée des personnes encore plus riches culturellement. Et loin de menacer les identités, elle en crée de nouvelles, qui sont essentielles pour avancer dans le monde d’aujourd’hui. Mais pour ça, apprenez au moins trois langues, intéressez-vous à votre voisin, mais surtout, surtout, posez-vous les bonnes questions : perpétuer la tradition, s’assimiler à une autre ou en créer une nouvelle ? That IS the question. 

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Jeune malgache de 21 ans, je suis d'origine indienne et je vis depuis quatre ans en France où je poursuis des études dans une école de commerce. Ma diversité est ma plus grande fierté. La langue française est une passion que je nourris d'écriture et de littérature. Ainsi, Chups raconte ce qu'elle a envie de dire, à vous de juger si vous désirez l'écouter.

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Commentaire sur “[Mondochallenge] Identité et mondialisation : quid de l’uniformisation culturelle ?

  • Ousmane
    Ousmane

    Bonne réflexion. Je pense que les barrières (protections) identitaires doivent continuer à exister et à se maintenir car paradoxalement elles permettent aussi de préserver un mode de vie, une culture, une langue, etc.
    Mais ces barrières devront être suffisamment souples et ne doivent pas ressembler à des remparts hostiles à tout exotisme, dans le but de ne pas favoriser la formation de cette « identité meurtrière » comme tu l’as dit car «la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». 😉